Troubles du sommeil

L'apnée du sommeil

L'apnée du sommeil est un trouble respiratoire nocturne fréquent aux conséquences sérieuses. Comprendre ses causes, ses signes et les traitements efficaces.

Par Camille · mis à jour récemment · lecture 9 min
L'apnée du sommeil

L'apnée du sommeil est un trouble respiratoire qui touche bien plus de monde qu'on ne l'imagine. Caractérisée par des pauses respiratoires répétées durant la nuit, elle dégrade la qualité du sommeil et, à terme, la santé globale. Loin d'être une simple affaire de ronflements, il s'agit d'une pathologie à prendre au sérieux, mais pour laquelle des solutions existent.

De quoi s'agit-il exactement ?

Le syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) est la forme la plus courante d'apnée du sommeil. Pendant le sommeil, les muscles de la gorge se relâchent. Chez les personnes concernées, ce relâchement est si important que les parois du pharynx s'affaissent et obstruent le passage de l'air.

On distingue deux types d'événements respiratoires :

  • L'apnée : une interruption complète de la respiration pendant au moins 10 secondes.
  • L'hypopnée : une réduction significative du flux d'air, également pendant au moins 10 secondes.

Chacun de ces épisodes provoque une baisse du taux d'oxygène dans le sang. Le cerveau réagit en déclenchant un micro-réveil pour relancer la respiration. Le dormeur n'en a généralement aucun souvenir le lendemain, mais ces interruptions incessantes fragmentent le sommeil, l'empêchant d'atteindre les phases de sommeil profond, les plus réparatrices. Il existe aussi une forme plus rare, l'apnée centrale, où le problème ne vient pas d'une obstruction mécanique mais d'un défaut de commande de la respiration par le cerveau.

Qui est concerné par l'apnée du sommeil ?

L'idée que l'apnée du sommeil ne touche que les hommes âgés en surpoids est tenace, mais fausse. Si ces facteurs augmentent le risque, la réalité est plus large. On estime à près d'un milliard le nombre de personnes touchées dans le monde. En France, les estimations varient, mais plusieurs sources s'accordent sur une prévalence touchant 4 à 10 % de la population adulte.

L'âge est un facteur déterminant : la prévalence passe de 7,9 % chez les 20-44 ans à 19,7 % chez les 45-64 ans, pour atteindre 30,5 % chez les plus de 65 ans. Les hommes sont plus touchés que les femmes avant la ménopause, mais le risque tend à s'équilibrer ensuite. Les enfants peuvent également être concernés, souvent en raison d'amygdales ou de végétations trop volumineuses. Malgré ces chiffres, l'apnée du sommeil reste une maladie largement sous-diagnostiquée.

Le diagnostic et les niveaux de sévérité

Le diagnostic de l'apnée du sommeil ne peut être posé que par un professionnel de santé. Il repose sur un enregistrement du sommeil, réalisé à domicile (polygraphie ventilatoire) ou en laboratoire (polysomnographie). Cet examen mesure de nombreux paramètres, dont le nombre d'apnées et d'hypopnées par heure de sommeil. C'est ce qu'on appelle l'indice d'apnées-hypopnées (IAH), qui permet de définir la gravité du syndrome.

Sévérité du SAHOSIndice d'apnées-hypopnées (IAH) par heure
LégèreEntre 5 et 15
ModéréeEntre 16 et 30
SévèreSupérieur à 30

Un IAH supérieur à 30 signifie que la personne subit en moyenne une pause respiratoire toutes les deux minutes. Ces interruptions répétées ont des conséquences importantes sur la vigilance en journée et sur la santé cardiovasculaire à long terme.

Les principaux facteurs de risque

Plusieurs éléments peuvent favoriser l'apparition ou l'aggravation d'une apnée du sommeil. Les connaître permet de mieux comprendre les leviers d'action.

  • Le surpoids et l'obésité : C'est le facteur de risque principal. L'excès de tissus graisseux au niveau du cou et de la gorge réduit le calibre des voies aériennes.
  • L'âge : Avec le temps, les muscles de la gorge perdent de leur tonicité, ce qui favorise leur affaissement.
  • L'anatomie : Un menton positionné en arrière, un cou court, un palais trop haut ou des amygdales volumineuses peuvent prédisposer à l'obstruction.
  • Le sexe masculin : Les hommes sont plus touchés, du moins jusqu'à la ménopause.
  • Les antécédents familiaux : Il existe une composante héréditaire.
  • La consommation d'alcool et de sédatifs : Ces substances accentuent le relâchement des muscles de la gorge. Les somnifères de la famille des benzodiazépines sont particulièrement déconseillés.
  • Le tabagisme : La fumée irrite et enflamme les voies respiratoires.
  • Certaines maladies : L'hypertension, le diabète de type 2 ou l'insuffisance cardiaque sont souvent associés à l'apnée du sommeil, qui peut elle-même les aggraver.

Ce qui aide vraiment : les traitements reconnus

La prise en charge de l'apnée du sommeil est bien codifiée et repose sur plusieurs approches, souvent combinées. L'objectif est de maintenir les voies aériennes ouvertes pour restaurer un sommeil continu et de qualité.

Les mesures d'hygiène de vie Elles sont la base de toute prise en charge. Pour les formes légères, elles peuvent suffire.

  • La perte de poids : C'est la mesure la plus efficace. Une réduction de 10 à 15 % du poids initial peut diminuer significativement la sévérité du syndrome.
  • L'activité physique : Elle contribue à la perte de poids et à la tonicité musculaire générale.
  • La position de sommeil : Dormir sur le côté plutôt que sur le dos peut réduire le nombre d'événements respiratoires.
  • Réduire l'alcool et arrêter le tabac : Ces mesures ont un impact direct sur le relâchement musculaire et l'inflammation des voies aériennes.

Les traitements médicaux Quand les mesures précédentes ne suffisent pas, des dispositifs médicaux sont prescrits.

  • La Pression Positive Continue (PPC) : C'est le traitement de référence pour les apnées modérées à sévères. Un appareil envoie de l'air sous pression via un masque porté sur le nez (ou le nez et la bouche) pendant la nuit. Cette pression empêche la gorge de se fermer. L'efficacité est prouvée, mais elle dépend de l'utilisation régulière de l'appareil (au moins 4 heures par nuit).
  • L'Orthèse d'Avancée Mandibulaire (OAM) : Il s'agit d'un appareil dentaire sur mesure, semblable à un protège-dents, qui maintient la mâchoire inférieure légèrement avancée pendant le sommeil. Cela permet de libérer l'espace à l'arrière de la langue et de faciliter le passage de l'air. C'est une alternative efficace à la PPC dans certains cas d'apnée modérée, ou en cas d'intolérance à la machine.

La chirurgie reste réservée à des situations très spécifiques, notamment en cas d'anomalie anatomique évidente (amygdales, mâchoire) et après échec des autres traitements.

Quand et qui consulter ?

Une somnolence importante en journée, des ronflements sonores et irréguliers, ou un partenaire qui vous signale des arrêts respiratoires pendant votre sommeil sont des motifs de consultation. Le premier interlocuteur est votre médecin traitant. Il pourra évaluer la situation et vous orienter si besoin vers un spécialiste du sommeil (médecin somnologue, pneumologue, cardiologue ou ORL) pour réaliser les examens nécessaires et poser un diagnostic précis. L'apnée du sommeil n'est pas une fatalité et sa prise en charge améliore non seulement la qualité de vie, mais protège aussi votre santé sur le long terme.

Questions fréquentes

Quels sont les premiers signes de l'apnée du sommeil ?

Les signes les plus courants sont une fatigue anormale et une somnolence durant la journée malgré une nuit de sommeil complète, des ronflements forts et entrecoupés de silences, et parfois des maux de tête au réveil. Si votre partenaire observe des pauses dans votre respiration, c'est un signe d'alerte important qui justifie de consulter un médecin.

L'apnée du sommeil est-elle dangereuse ?

Oui, si elle n'est pas traitée. Au-delà de la fatigue et de la somnolence qui augmentent le risque d'accidents, l'apnée du sommeil sévère est un facteur de risque reconnu pour l'hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC) et le diabète de type 2. C'est une pathologie sérieuse qui nécessite un suivi médical.

Peut-on guérir de l'apnée du sommeil ?

Dans les cas liés au surpoids, une perte de poids significative peut considérablement réduire, voire faire disparaître, une apnée du sommeil légère à modérée. Pour les formes plus sévères ou liées à l'anatomie, les traitements comme la PPC ou l'orthèse ne 'guérissent' pas la cause mais contrôlent très efficacement les symptômes et préviennent les complications tant qu'ils sont utilisés.

Article d'information générale. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation avec un professionnel de santé.